Le dirigeant est-il devenu plus protecteur que bâtisseur ?
J'ai appris un truc assez fou en lisant la dernière étude OpinionWay réalisée pour Rydge sur les entrepreneurs français (avril 2026).
Depuis des années, on décrit le dirigeant comme un bâtisseur. Celui qui imagine, développe, recrute et fait grandir son entreprise. Pourtant, en refermant cette étude, je me suis demandé si son métier n'était pas en train de changer.
Aujourd'hui, beaucoup de dirigeants consacrent autant d'énergie, voire davantage, à protéger ce qu'ils ont construit qu'à imaginer ce qu'ils construiront demain.
Protéger l'entreprise devient la priorité
Le plus marquant est ce chiffre : pour près d'un dirigeant sur deux (48 %), la première responsabilité est désormais d'assurer la survie de son entreprise.
Dans un contexte d'incertitude économique, de tensions géopolitiques et de transformations permanentes, il est finalement logique que la protection de l'existant prenne autant de place.
L'étude montre d'ailleurs que la pression est aujourd'hui l'émotion dominante (32 %), devant la fierté (25 %), la fatigue (19 %) et le doute (16 %).
Mais cette étude raconte aussi une histoire beaucoup plus encourageante.
72 % des dirigeants referaient le choix d'entreprendre
Et lorsqu'on leur demande ce qui les rend le plus fiers, ils citent d'abord leur capacité à avoir résisté aux crises (37 %), avant la réussite commerciale (23 %), le fait d'avoir fait grandir leurs collaborateurs (21 %) ou d'avoir créé de l'emploi (18 %).
C'est probablement cela qui m'a le plus marqué.
Le dirigeant n'a pas cessé d'être un bâtisseur. Il est simplement devenu, en parallèle, un protecteur.
Le risque, c'est que cette mission de protection finisse par occuper tout l'espace. Car lorsqu'on passe ses journées à défendre l'existant, il reste forcément moins de temps et de sérénité pour préparer l'avenir.
Retrouver la sérénité pour recommencer à construire
C'est précisément pour cette raison que j'ai créé Le Cercle 2030.
Parce qu'il est facile de constater les difficultés. Mais il est beaucoup plus difficile d'en sortir seul.
L'étude rappelle d'ailleurs que 59 % des dirigeants se sentent seuls, au moins parfois, face aux décisions importantes, et que 18 % n'en parlent à personne.
Et si le véritable défi des dirigeants en 2026 n'était plus seulement de protéger l'avenir... mais de retrouver suffisamment de sérénité pour recommencer à le construire ?